Comment les soignants qualifiés contribuent à réduire les réadmissions à l'hôpital dans l'UE
- Canute Fernandes
- 25 sept.
- 6 min de lecture

Le problème : les hôpitaux de l'UE sous pression pour réduire les réadmissions
Les réadmissions à l'hôpital demeurent un défi majeur dans l'Union européenne. Avec le vieillissement de la population, la prévalence croissante des maladies chroniques et le resserrement des budgets, les systèmes de santé européens sont contraints d'éviter que les patients ne retournent à l'hôpital peu après leur sortie. Les réadmissions ne sont pas seulement coûteuses : elles révèlent des lacunes dans les soins post-hospitalisation, des transitions difficiles et contribuent souvent à une dégradation des résultats pour les patients, à une baisse de la qualité de vie et à une pression accrue sur les hôpitaux, les systèmes de soins à domicile et les services publics.
Données : ce que montrent les preuves
Pour comprendre l’échelle :
Des études montrent que les patients souffrant de maladies chroniques (insuffisance cardiaque, BPCO, accident vasculaire cérébral, etc.) ont souvent des taux de réadmission aux urgences dans les 30 jours en Europe allant de 10 à 18 % selon la maladie.
Une revue systématique des interventions de soins de transition pour les patients médicaux âgés en Europe a révélé que l’ impact sur les réadmissions est le plus important dans les 30 jours suivant la sortie, diminuant avec le temps.
Le rôle de l’implication des soignants a également été étudié : une revue a révélé que l’implication des soignants (formels ou informels) dans les soins hospitaliers et post-sortie augmentait les performances fonctionnelles, améliorait les résultats de sortie et réduisait les réadmissions ultérieures.
Ces statistiques soulignent une vérité importante : de nombreuses réadmissions sont évitables, notamment grâce à un soutien pendant la transition vers le retour à la maison.
Rôle des aidants : domaines de soutien clés
Les aidants qualifiés, qu’il s’agisse d’aidants familiaux formés ou d’aidants professionnels rémunérés, jouent de multiples rôles essentiels :
Gestion des médicaments : s'assurer que les médicaments sont pris correctement (dosage, moment), comprendre les effets secondaires et concilier les changements survenus pendant le séjour à l'hôpital.
Observation et surveillance : surveiller les signes de détérioration (infection, complications, aggravation d’une maladie chronique), savoir quand intensifier les soins ou contacter les professionnels de la santé.
Assistance fonctionnelle / Soutien physique : Aide à la mobilité, au transfert, aux exercices de rééducation, à la prévention des chutes, assistance aux activités de la vie quotidienne (AVQ) afin de minimiser le déclin fonctionnel.
Planification de la sortie et de la transition : participer à l'enseignement de la sortie, comprendre les plans de soins, suivre les rendez-vous et gérer l'environnement familial en toute sécurité.
Soutien émotionnel et social : traiter l’anxiété, aider à l’adaptation à la maison, assurer un soutien nutritionnel et assurer un soutien social/communautaire, ce qui peut affecter le rétablissement.
Ces mesures de soutien, lorsqu’elles sont bien coordonnées et mises en œuvre par une personne formée (ou compétente), réduisent considérablement les risques.
Impact de la formation : comment la formation continue des soignants contribue à réduire les réadmissions
La formation des aidants (formelle ou informelle) produit des résultats mesurables. Voici pourquoi et comment la formation est importante :
Composante de formation | Impact sur les résultats des patients / réadmissions |
Formation à la sortie et compétences de réapprentissage | Une meilleure compréhension des gestes à effectuer à domicile par le patient et son aidant. La formation continue (où l'aidant répète ou montre les gestes à effectuer) réduit les erreurs et les malentendus. Des études montrent qu'une mauvaise formation à la sortie de l'hôpital constitue un risque avéré de réadmission. |
Entraînement de réadaptation fonctionnelle | Former les soignants à l'aide aux exercices, à la physiothérapie et aux tâches de mobilité favorise la récupération et contribue au maintien de la force et des fonctions. Un meilleur état fonctionnel est associé à une diminution des complications, des chutes et des réadmissions. |
Gestion des médicaments et surveillance sécuritaire | Être attentif aux effets secondaires, conserver correctement les médicaments, suivre les changements de prescription et prévenir les erreurs de médication, qui sont une cause fréquente de réadmission. |
Implication dans le parcours de soins et modèles de soins de transition | Les systèmes qui incluent le soignant dans le parcours de soins (de l’hôpital au domicile) avec des suivis, des visites à domicile et une communication entre l’hôpital, les soins primaires et les soins à domicile réduisent les réadmissions. |
Empathie, communication et formation psychologique | Les patients et les soignants stressés sont plus susceptibles de manquer des signaux ou d'éviter de demander de l'aide. Un soutien émotionnel et psychologique contribue à l'observance du traitement et à la détection précoce des problèmes. |
Les programmes de formation structurés, qui incluent des scénarios réels, des exercices répétés et un suivi, donnent de meilleurs résultats que les instructions ponctuelles, ponctuelles et brèves.
Histoire de réussite : cas anonyme
Un grand hôpital public d'Europe centrale a lancé un programme de formation des soignants de niveau 2 destiné aux soignants de patients atteints d'insuffisance cardiaque et de BPCO. Ce programme comprenait :
séances de planification de sortie impliquant les soignants 48 heures avant la sortie
formation aux médicaments et méthodologie de retour d'information
contrôles de sécurité à domicile et formation à la mobilité
des appels téléphoniques de suivi réguliers et une visite d'infirmière à domicile dans les 7 jours suivant la sortie
Résultats sur 12 mois :
Les taux de réadmission à 30 jours pour cette cohorte sont passés de 17 % à 10 % (une baisse relative de 40 %).
Les admissions aux urgences pour complications (par exemple, exacerbations, surcharge liquidienne) ont diminué d'environ 30 %
La satisfaction des patients s’est améliorée (l’autodéclaration de leur préparation à la sortie a augmenté de 50 %)
Les économies globales sur les coûts des soins hospitaliers et à domicile ont été estimées à 250 000 € pour 100 patients par an.
Cela démontre qu’investir dans la formation des soignants, en particulier en s’appuyant sur des compétences de niveau 2 (c’est-à-dire plus qu’une orientation de base, mais des compétences de soins cliniquement pertinentes), produit un fort retour sur investissement en termes de résultats, de satisfaction humaine et d’économies de coûts.
Implications politiques et points à prendre en compte par les administrateurs et les responsables de la formation et du développement
Pour les administrateurs, les responsables de l’apprentissage et du développement et les décideurs politiques de l’UE, voici des informations exploitables :
Normaliser un cours de formation de niveau 2 pour les soignants : définir les compétences de base : gestion des médicaments, mobilité sécuritaire, signes avant-coureurs, procédure de sortie, soutien psychosocial.
Intégrer les soignants aux protocoles de sortie : rendre l’inclusion des soignants obligatoire dans la planification de la sortie : identifier les soignants tôt ; s’assurer qu’ils assistent aux réunions de sortie ; fournir des plans écrits ; utiliser la méthode de retour d’information.
Soutenir les modèles de soins de transition : Assurer la continuité : suivis (visites téléphoniques/à domicile), lien avec les soins primaires/services communautaires, soutien à la réadaptation à domicile.
Allouer des ressources et des incitations : prévoir un budget pour la formation des soignants, envisager des programmes d’incitation (par exemple, des pénalités de réadmission réduites ou un financement pour les hôpitaux qui montrent des améliorations en matière de réadmission).
Suivi, évaluation et itération : collecte de données : suivi des réadmissions, de l'état fonctionnel des patients et des retours des soignants. Ces données permettent d'affiner le programme de formation et les parcours de soins.
Conclusion et CTA
Les soignants formés jouent un rôle essentiel dans la réduction des réadmissions à l'hôpital en Europe. En assurant une bonne planification des sorties, une formation efficace aux compétences clés en matière de soins et un suivi continu, les systèmes de santé peuvent améliorer les résultats des patients, alléger la charge de travail des hôpitaux et réaliser des économies. Pour les décideurs politiques, les responsables de la formation et du développement et les administrateurs, investir dans la formation des soignants de niveau 2 n'est pas seulement un impératif moral, c'est un enjeu stratégique.
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